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Quand la neuro-érgonomie s'invite dans le monde du ski

1 - Les bases 2 - Constats 3 - Solutions 4 - Comment ? 5 - Concept de
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Qu'est-ce que la méthode ?

Définition de Wikipédia :

"La première étape de la méthode, c'est justement de freiner l'élan. Travailler avec méthode, ça commence par ne pas commencer. Il faut se donner le temps de la réflexion. Il faut d'abord prendre de la distance par rapport à son travail pour ne pas l'accomplir machinalement. Il faut se rendre compte que rien n'est évident et se poser les questions qui viennent naturellement, à savoir « pourquoi ce travail ? », « quels en sont les enjeux ? », « quel est mon objectif ? », etc. Il faut replacer ce projet dans une perspective plus large, il faut lui donner un sens."

Voici l'exemple d'une tâche effectuée sans méthode, sans sens, sans objectif, sans enjeux, et pourtant...



Cet exemple est aussi appelé "Effet Nuremberg" ou faire les choses simplement car les autres les font.

Maintenant que nous savons ce qu'est l'effet Nuremberg, intéressons nous à cette poésie :

Quelque part, au bord de la Sarthe,
Un homme, un jour, avec grand soin,
Repeignait de grandes pancartes :
PRAIRIE INTERDITE AUX PINGOUINS
- Des pingouins, dis-je, dans la Sarthe,
On n’en voit pas des quantités !
- Monsieur, c’est grâce à mes pancartes :
Rien de tel pour les arrêter !
N’en déplaise aux savants hilares,
Dans la Sarthe, en toutes saisons,
Si les pingouins restent si rares,
C’est que cet homme avait raison.
Jean-Luc Moreau

Les enfants apprennent cette poésie à l’école primaire.
Elle amène à se demander quelle perception se fait-on d’une situation?
Comment comprendre les mécanismes déclencheurs des apprentissages lors des séances pédagogiques ?
Certaines interventions didactiques sont-elles forcément la clé de la réussite des enfants ou celle-ci est-elle provoquée par d’autres facteurs ?
Est-ce vraiment la pancarte qui fait fuir les pingouins ?


1er Constat : Le chapeau pointu

La directive "chapeau pointu" enseigne t-elle le chasse neige ?
Comme la pancarte ne fait pas fuir les pingouins, prononcer les mots chapeau pointu n'enseigne pas le chasse neige !!!

L'expression chapeau pointu est une directive, permettant à l'enfant d'aller chercher la compétente chasse neige qu'il aura appris autrement.
La compétence "chaque neige" est forcément issue d'expériences kinesthésiques.
Il est possible d'obtenir le même résultat en prononçant le mot cacahuète, ou xylophone, c'est un réflexe de Pavlov, rien de plus.

Comment expliquer que cette pseudo méthode soit aussi rependue dans l'enseignement du ski, alors qu'elle n'enseigne rien ?
Vous vous souvenez de l'effet Nuremberg... hé bien c'est la seule raison. Je le fais car tout le monde le fait, sans me poser de questions je me lève au bipe (voir vidéo).



En Inde, le métal étant très cher, les cornacs devaient trouver une solution économique pour attacher les éléphants.
Comme ils n'avaient pas les moyens financiers d'attacher physiquement l'éléphant avec une chaine de métal, ils l'enchainaient psychologiquement.

La méthode est assez simple, attachez un bébé éléphant avec une ficelle à la patte, celui-ci sera trop faible pour casser la ficelle, et en grandissant il va apprendre :
"la ficelle est plus forte que moi".
Une fois adulte, il restera "enchainé" à sa ficelle sans s'échapper, les véritables chaines étant dans son cortex cérébral.

Attention, cela peut être très rapide, cette expérience est aussi appelée experience des anagrammes :



2eme Constat : L'impuissance apprise


Exemple d'impuissance apprise :

Imaginons une séance de ski, ou le temps d'engagement actif
est de 9 secondes à l'heure (20 minutes d'attente pour 3 secondes de glisse)

Ce qui donne 0.25% d'engagement actif, donc 0.0025 AT dépensés à l'heure en supposant que pendant ces 9 secondes l'attention de l'enfant est à 100%, et que le terrain était 100% adapté à l'exercice.

Supposons que la très mauvaise qualité de la piste choisie et les consignes données NE PERMETTENT PAS à l'enfant de réussir. L'enfant tombe dès la première seconde.

Pour certains enfants le temps d'apprentissage est de 1 pour 1000, 1 seconde d'apprentissage pour 1000 secondes sur le terrain, sans donner la possibilité à l'élève de mettre en place le processus d'essai/erreur dans les secondes à venir, donc, le condamnant à ne pas progresser.

Nous avons fabriqué une machine à ne pas faire AIMER le ski et à ne pas APPRENDRE le ski.


Cette expérience est une expérience de non-apprentissage imposé.


Cette manière de faire est également nommée IMPUISSANCE APPRISE, ou on enseigne à l'enfant qu'il ne réussira jamais.


3eme constat : La file indienne ou file d'attente.

Ici il y a deux cas de figure.

a) Eviter la file d'attente c'est évident, c'est la priorité numéro 1 d'un cours.
La file d'attente inhibe l'engagement actif, nuit à la motivation, fais chuter la consolidation.

b) Eviter la file indienne mobile, elle n'est pas compatible avec un travail en ZPD et par conséquent avec une pédagogie différenciée.
Elle ne valorise personne, ni les premiers qui sont frustrés, ni les derniers qui n'arrivent pas à suivre.
Elle propose également 1 seule difficulté, une seule vitesse, un seul éducatif pour tous.

Dans cet exemple 3 enfants apprennent

file



Les ennemis du cerveau

la peur
le stress

En ski :
Le non choix de l'activité
L'évaluation unique imposée
Le départ fixé et imposé par une tierce personne
La peur de mal faire
L'inexpérience

L'obligation

La première fois d'Anaïs Chevalier >>
___________________

Les amis du cerveau

Les encouragements,
La bienveillance,
Le jeu et la curiosité


Plus d'infos >>

4eme constat : Le slalom

Si vous voulez expulser la curiosité de votre cours : proposez un slalom.

le slalom est de l'anti-créativité pédagogique, non seulement il ne sucite pas la curiosité chez l'élève, mais peu à peu il inhibe la créativité de l'enseignant.

Ne plus proposer de slalom ne peut que stimuler la créativité pédagogique de l'enseignant, et enrichir la séance.


5eme constat : La démonstration

La démonstration n'est qu'une situation d'apprentissage parmi d'autres.
Elle peut être spontanée, pas forcement faite par le moniteur, et être partout si elle n'est pas la chasse gardée du moniteur
(Ce qui rend l'exercice "neuro-abordable")
De plus elle toujours trop présente dans un cours, et prend du temps sur notre 1ere priorité : l'engagement actif.

Mais posons nous une autre question, car c'est souvent l'argument qui nous est donné :

La démonstration fabrique t-elle des champions ?


Fabriquer des champions en utilisant la pédagogie de la démonstration et du mimétisme est par définition impossible.

Cette méthode suppose que l'apprenant ne peut pas dépasser le niveau de l'enseignant.
Si l'apprenant le fait c'est qu'il a utiliser une autre méthode pour dépasser son maître.

La démonstration peut créer des bons skieurs, mais pas seule, ne sait pas et ne peut pas créer de champions.

Ce sujet est plus épineux, car on ne peut pas bannir complètement la démonstration du cours.
Ce qui est certain, c'est qu'en général on l'utilise trop, et on l'utilise mal.



6eme constat : Le relais

Aie ! Le relais, c'est super en coupe du monde quand je suis devant ma télé.
En séance avec des enfants, le relais est un exercice anti-pédagogique par excellence, pour plein de raisons (au moins une dizaine).


En voici 3 :

1 - Un seul par équipe travaille à l'instant t. Très peu d'engagement actif.

2 - Coup de projecteur sur le "boulet". "Attention, regardez il va nous faire perdre."

3 -
C'est la fin de la course alors que certains enfants ne sont pas encore partis.



Essayer de ne plus proposer les 6 points cités plus haut est une remise en cause, cette remise en cause ouvre un univers insoupçonné, riche de pédagogies et de situations en accord avec les 4 piliers de l'apprentissage selon les neurosciences.

Continuer à ne travailler qu'en ne proposant les 6 points de ce paragraphe mène peu à peu, avec les années, a un enlisement pédagogique, qui finit par ne plus avoir de sens.


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